dimanche 22 août 2021

Exposition et livre Doggerland

L'exposition temporaire "Doggerland. Verdwenen wereld in de Noordzee" (Doggerland, pays disparu dans la mer du Nord), à visiter au Musée royal d'Antiquités à Leiden (Pays-Bas), héberge un grand nombre d'objets qui ne seraient là sans les efforts d'un grand nombre de collectionneurs enthousiastes.

Arjan de Zeeuw, Directeur Kennis en Advies au Service royal du Patrimoine des Pays-Bas, affirme que "le patrimoine a besoin d'amateurs, ambassadeurs, chercheurs, collectionneurs et bénévoles". Ces collectionneurs passent régulièrement aux plages de la Mer du Nord, malgré le vent et le temps, pour chercher des reliques du pays entre l'Angleterre et les Pays-Bas, le "Doggerland", qui se trouve actuellement au fond de la Mer.
Nous nous rejouissons que les services des Antiquités des Pays-Bas ont une attitude très ouverte et accueillante vis-à-vis des amateurs, qu'ils les encouragent même à chercher, et de partager leurs découvertes. Les collectionneurs, qui scrutent la plage pour sauver ce qui reste, sont considérés des "héros" par Bram Langeveld, conservateur au Musée d'Histoire Naturelle de Rotterdam. "Les restes des animaux et de la civilisation humaine sont conservés sous l'eau, mais ils vont désintégrer, sauf si on les traite pour être conservés."
Des adhérents de Nature-Témoin ont eu la chance de pouvoir visiter l'exposition, qui sera réconduite jusqu'à la fin du mois d'octobre.

Par l'intermédiaire de Romain De Moor, archélogue au Musée d'Alost (Belgique) et membre du Groupement Mammifères du Pléistocène, nous avons eu l'occasion d'apprécier la belle publication sur l'exposition "Doggerland. Verdwenen wereld in de Noordzee"


Ce dimanche, une journée publique de recherche et collecte a même été organisée sur la plage de "Zandmotor" (Moteur à Sable), près de La Hague, encadrée par les experts Doggerland du Musée royal d'Antiquités de Leiden, qui expliquent comment et où chercher, et qui déterminent les trouvailles.


Le contexte est assez particulier: il y a 10 ans, des bateaux ont aspiré environ 20 millions de mètres cube de sable dans la mer, à 10 kilomètres de là. Des turbines énormes l'ont jeté sur la côte pour palier l'érosion et pour éviter que, tous les 3 ans, des bâteaux devraient y dredger et ainsi perturber constamment la faune et la flore du littoral. Ainsi, des milliers d'objets archéologiques provenant du Doggerland se trouvent parmi ces plages artificiellement renforcées: des coquillages fossilisés, mais également des ossements du Pléistocène tardif (-126000 à -11800 ans) et des objets travaillés par les habitants de la toendra de cette vallée pendant le Weichselien, envahie par la Mer depuis 8000 ans.

Ce wekend, avons cherché sur les plages artificielles de Zandmotor (Monster Beach) et Maasvlakte 2 (Eurokanaal), jusqu'à l'arrivée d'un orage qui a forçé le départ de tous...




Entre le galet tailllé en chopper archaïque (gauche) et le silex retouché sur tout son pourtour (droite), il y a eu certes quelques centaines de millénaires, mais ils sont venus nous rencontrer à 10 minutes d'intervalle... (Maasvlakte 2)



Souvent, le mouvement de la mer a polie certains silex jusqu'à effacer les traces d'action humaine. 
D'autres ont gardé toute leur splendeur...


Souvent la mer apporte des fragments d'os fossilisés:

Et il reste les objets enigmatiques. Que faisait-on de cette lame en hématite?