jeudi 5 mai 2022

Jour du dépassement 2022

Ce 5 mai 2022 marque la date à laquelle notre pays aura aura émis plus de gaz à effet de serre, pêché plus de poissons, abattu plus d'arbres, cultivé et bétonné plus de terres que ce que les écosystèmes sont capables de lui fournir ou d’absorber; c'est environ 5 mois plus tôt qu'en 1961!
L'an dernier, le 29 juillet marquait le Jour du dépassement des ressources planétaires 2021.

Que peut-on faire?



Durant l’entre-deux tour de la présidentielle, E. Macron avait évoqué l’idée d’une planification écologique. L’objectif étant d’aller "deux fois plus vite" dans le rythme de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Mais là, nous consommons de plus en plus vite les ressources de notre planète et notre impact ne réduit pas assez. Cela a conséquences graves. 

Un article scientifique indique que les modèles de prévision climatique estiment que pour chaque degré de réchauffement gagné, le cycle de l'eau s'accélère de 7 %. Concrètement, cela veut dire que les zones humides seront 7 % plus humides, et les zones sèches seront 7 % plus sèches. Des estimations qui s'accordent avec les dernières prévisions du Giec sur les conséquences envisagées du changement climatique : si l'humanité arrive à limiter la hausse des températures à 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels (sachant que nous sommes déjà à 1,2 °C), les phénomènes météo extrêmes seront de toute manière 14 fois plus forts comparés à ce qu'ils étaient au début de la révolution industrielle.

mercredi 9 février 2022

Publication d'article: Banquettes-limites

Joël Jolivet vient de publier sur HAL un nouvel article, intitulé Rôle de l’Urgonien dans la morphologie des formes pariétales en milieu endo-karstique: les Banquettes-limites.
L'article est de la main de Joël Jolivet (Association Nature-Témoin), Steve Peuble (Mines Saint-Etienne, Centre SPIN), Erik Van den Broeck (Association Nature-Témoin), Frédéric Gallice (Mines Saint-Etienne, EVS - Environnement Ville Société) et Didier Graillot (PEG-ENSMSE - Département Procédés pour l'Environnement et Géoressources).

Résumé:

Les banquettes-limites sont des formes d'évolution pariétale présentes dans de nombreux conduits karstiques. De différentes largeurs et épaisseurs, elles indiquent une dynamique hydraulique au sein d'un maillage de fractures qui évolue vers l'édification de drains horizontaux ou verticaux dans la masse calcaire.

Jusqu'à présent, seuls les phénomènes hydrodynamiques intervenant dans leur élaboration ont été étudiés selon des contextes de spéléogenèse en milieu épinoyé à noyé suite à une élévation du niveau de base local ou régional, d'asséchement progressif dans le conduit, de l'altération incompléte par dissolution voire de corrosion sous remplissage des argiles déposées par aggradation sédimentaire.

Si le flux hydraulique est évoqué comme agent de façonnement, il n'en est pas de même du contenant, ici la roche encaissante, substrat au développement de ces morphologies particulières.

Les analyses géochimiques réalisées dans les parties concaves et convexes des parois induisant des banquettes-limites montrent une hétérogéneité dans les séries calcaires urgoniennes de leurs composants chimiques, de leurs textures, et de leurs ciments et cémentations de dépôt.

Ces ensembles hétéropiques des séquences du Barremo-Aptien ont contribué de manière passive à la constitution des banquettes-limites.

Un protocole de caractérisation géochimique par spectroscopie ICP-AES a été mis en place pour mesurer la concentration en éléments majeurs, mineurs et traces sur des échantillons calcaires du Barrémien supérieur et Aptien inférieur prélevés au niveau des différents reliefs pariétaux en cavité.

Cette approche s'inspire de l'étude menée dans la même région sur les sédiments du Crétacé supérieur et de l'Eocène (Jolivet et al., 2020, Karstologia 75).

Des échantillons de roche ont été prélevés sur six sites et ont ensuite été polis afin de déterminer leur structure de dépôt d'après le tableau de classification de Dunham.

Les sites de prélèvement se trouvent d'une part en Ardèche en rive gauche des gorges et d'autre part sur le plateau de Méjannes le Clap dans le Gard.


Grotte des Tunnels - Points de prélèvements dans les formes pariétales des parois


 L'article complet est à télécharger ici.

The ecological footprint emissions from this story are an estimated 0.2g to 1,0g CO₂ per pageview.

vendredi 10 décembre 2021

Donnez un cadeau Eco en fin d'année: Transformez le CO2 en pierre

Il y a quelques semaines Orca, une installation en Islande, a commencé à capturer du CO2 direct de l'atmosphère pour l'emmagasiner sous terre, minéralisé en carbonates sous forme de roche. C'est la plus grande machine au monde qui transforme le gaz carbonique de l'air en pierre.

Un ingénieur en catalyse de l'université de Gand (Belgique) est fondateur de Capture, un centre de recherches autour de la réutilisation du gaz carbonique, en voie pour un monde neutre en CO2. Il s'est concentré sur le recyclage de gaz carbonique, sachant que les processus naturels comme la photosynthèse n'arrivent plus à suivre la montée du CO2 anthropique dans l'atmosphère pour le fixer en biomasse laquelle, transformée en énergie fossile, a été largement surexploitée par l'humanité.
Le coût serait insurmontable pour le traitement de CO2 non dilué: environ 500 euros par tonne de CO2 capturé provenant d'air à 400 ppm, pendant l'extraction d'une source concentrée coûterait 10x moins cher. Mais le prof. Saeys propose d'utiliser de l'énergie naturelle géothermique, aquatique et surtout solaire pour les CCS (carbon capture storage). Ces unités vont séparer le CO2 de l'air et, pour éviter sa redistribution dans l'atmosphère, le séquestrent dans le réservoir géologique souterrain, enrichi de minéraux catalyseur pour le transformer en carbonates.

Ce n'est pas par hasard qu'une première machine vient d'être mise en service près de Reykjavik, capitale de l'Islande. Construite en moins d'un an, elle utilise une partie de l'énergie géothermique de la centrale de Hellisheiði Geothermal Power Plant, générée par le volcanisme de cette île. Cette énergie à cent pour cent renouvelable entraîne les 4 double pompes à chaleur des capteurs de CO2 de taille compacte, pas plus grand que quelques containeurs.
Comme un Sodastream géant, Orca rajoute le CO2 à l'eau qu'elle injecte dans le sol plein de basaltes volcaniques, qui ont formé l'île. Grâce à un processus naturel de minéralisation, la réaction du basalte, le CO2 se transforme ainsi en roche, ce qui prend normalement des millénaires. L'accélération par Orca permet une transformation complète en moins de deux ans, ce qui est très avantageux au bilan carbone !


Le projet Orca (islandais pour énergie), référencé par Forbes, National Geographic, Unesco, a été lancé par Climeworks CDR, une start-up Suisse, et la société Islandaise Carbfix, où est installé le puits d'injection, bientôt capable de séquestrer annuellement 34 000 tonnes de CO2 sous terre. Parmi de grands partenaires et plus de 8000 individus privés, NATURE-TEMOIN soutient activement Orca.
L'objectif de Climeworks, d'inspirer 1 milliard d'humains à être clima-positif, est exemplaire et doit inciter plus d'entreprises et individus à Agir Maintenant - Act Now, à enlever activement le gaz carbonique de l'air. Chaque tonne de CO2 enlevé de l'air est une tonne qui ne contribue PAS au réchauffement climatique. Ralentissons le changement climatique !

Actuellement, la machine Orca peut transformer 4000 tonnes de CO2 par an, ce qui représente l'émissions d'environ 2000 voitures modernes, et enviseage de monter rapidement la capacité de ses installations. D'autres machines seront construites, entre autres en Ecosse, et entraînées par l'énergie éolienne.
Or, le Panel intergouvernemental des Nations Unies sur le Changement Climatique vient d'avertir qu'il est crucial de réduire considérablement le émissions ET d'enlever de façon permanente les émissions anthropiques de gaz carbonique de l'air.

A peine un mois après le COP26, la compagnie Climeworks Carbon Dioxide Removal appelle au financement participatif pour implanter d'autres installations comme Orca, pour que chacun puisse apporter son sel dans la tambouille de réduction du taux de CO2. Leur site internet vient de lancer une idée originale de cadeau Eco: à partir de 5 euros, vous pouvez Agir Maintenant et transformer vos kilos de CO2 en pierre! Les adeptes peuvent même souscrire un abonnement...

The ecological footprint emissions from this story are an estimated 0.2g to 1,0g CO₂ per pageview.

dimanche 14 novembre 2021

Quercy sous terre

Aujourd'hui, une triple exposition temporaire se clôturait au Grenier du Chapitre à Cahors. Notre équipe (Aurélien, Lili, Myriam et Erik) a été accueillie par Bernard Sainte Marie de l'association "Art et Patrimoine" pour cette visite très agréable, nous suggérée par "Préhistoire du Sud-Ouest", où nous sommes adhérents.
Après trois conférences avec des intervenants de notoriété internationale, l'occasion rêvée pour en savoir plus sur le temps des premiers humains en Quercy...

Au rez de chaussée, une série de photos par le spéléo-photographe Jean-François Fabriol révélaient les beautés du milieu souterrain en Quercy. La deuxième partie de l'exposition rendait hommage aux premiers préhistoriens du Quercy de la fin du XIXe et début du XXe siècle, sous forme d'un rapide commentaire sur leurs travaux.


A l'étage, la grande exposition présente les gravures pariétales de la grotte de Roucadour à Thémines (Lot). Vieilles de 30 000 ans, plus de 500 figurations animales et motifs symboliques revelés par Michel Lorblanchet et son équipe de chercheurs, permettent de voir ce patrimoine exceptionnel d'une grotte qui ne peut être ouverte au public. Hors de nombreux figurations symboliques, comme les 18 cercles echancrés, la grotte de Roucadour renferme les dessins de 16 mégacéros, 11 mammouths et 24 lions. Il apparaît sur une paroi, l'image d'un esturgeon de 1m40 de long. A cette époque là, les gens consommaient du caviar !

lundi 1 novembre 2021

Adoption de la résolution de l'IUCN sur la géodiversité

Dans le bulletin FSE d'octobre 2021, la Fédération européenne de Spéléologie reproduit la résolution sur la protection du géopatrimoine et des géotopes, approuvée par l'UICN (International Union for Conservation of Nature).
La résolution s'efforce de mettre la géodiversité sur un pied d'égalité avec la biodiversité. 

Jusqu'à présent, les grottes n'étaient souvent reconnues comme des habitats pour la vie des grottes que dans les textes législatifs. La protection des géotopes est encore totalement absente, par exemple dans la directive européenne Natura 2000. De plus, les éléments à l'intérieur des grottes (comme les formations) ne sont pas protégés par les législations européennes et de nombreuses législations nationales.

lundi 18 octobre 2021

NT aux Rencontres d'Octobre 2021

Pendant quatre jours, dans l'Aude, se sont déroulées les Rencontres d'Octobre du Spéléo-Club de Paris. A quelques kilomètres de Carcassonne, nous étions accueilli par le Spéléo-club de Corbières Minervois (SCM), le CDS 11 et le Conseil Départemental de l'Aude au château du beau village de Villegly, qui était transformé en Temple de l'Instrumentation Souterraine, le thème des rencontres de cette année.

 

Au milieu des scanneurs 3D de Laurent Magne, les cavelink en 
tandem aux radiobalises de Daniel Chailloux, les Tétraedre de 
Fabien Levard, figuraient les CO2-vKing de Nature-Témoin !!

Représentant Nature-Témoin, deux sujets ont été présenté par Joël (Approches pluridisciplinaires du karst urgonien des gorges de l'Ardèche: relations eau du karst - eau rivière et pluie - débit avec les outils adaptés aux traçages, à l' hydrochimie, la pluviométrie et la géochimie, dans le cadre de notre campagne d'études sur les impacts du dérèglement climatique sur les ressources en eaux souterraines et les échanges nappes-rivières du bassin versant de l'Ardèche) et Erik (sur notre travail sur l'instrumentation des rivières, siphons et cavités en Sud-Ardèche).


Un grand merci à Madé et Christophe "Stoche" qui ont eu la gentillesse de nous héberger chez eux pendant tout ce temps-là!




dimanche 22 août 2021

Exposition et livre Doggerland

L'exposition temporaire "Doggerland. Verdwenen wereld in de Noordzee" (Doggerland, pays disparu dans la mer du Nord), à visiter au Musée royal d'Antiquités à Leiden (Pays-Bas), héberge un grand nombre d'objets qui ne seraient là sans les efforts d'un grand nombre de collectionneurs enthousiastes.

Arjan de Zeeuw, Directeur Kennis en Advies au Service royal du Patrimoine des Pays-Bas, affirme que "le patrimoine a besoin d'amateurs, ambassadeurs, chercheurs, collectionneurs et bénévoles". Ces collectionneurs passent régulièrement aux plages de la Mer du Nord, malgré le vent et le temps, pour chercher des reliques du pays entre l'Angleterre et les Pays-Bas, le "Doggerland", qui se trouve actuellement au fond de la Mer.
Nous nous rejouissons que les services des Antiquités des Pays-Bas ont une attitude très ouverte et accueillante vis-à-vis des amateurs, qu'ils les encouragent même à chercher, et de partager leurs découvertes. Les collectionneurs, qui scrutent la plage pour sauver ce qui reste, sont considérés des "héros" par Bram Langeveld, conservateur au Musée d'Histoire Naturelle de Rotterdam. "Les restes des animaux et de la civilisation humaine sont conservés sous l'eau, mais ils vont désintégrer, sauf si on les traite pour être conservés."
Des adhérents de Nature-Témoin ont eu la chance de pouvoir visiter l'exposition, qui sera réconduite jusqu'à la fin du mois d'octobre.

Par l'intermédiaire de Romain De Moor, archélogue au Musée d'Alost (Belgique) et membre du Groupement Mammifères du Pléistocène, nous avons eu l'occasion d'apprécier la belle publication sur l'exposition "Doggerland. Verdwenen wereld in de Noordzee"


Ce dimanche, une journée publique de recherche et collecte a même été organisée sur la plage de "Zandmotor" (Moteur à Sable), près de La Hague, encadrée par les experts Doggerland du Musée royal d'Antiquités de Leiden, qui expliquent comment et où chercher, et qui déterminent les trouvailles.


Le contexte est assez particulier: il y a 10 ans, des bateaux ont aspiré environ 20 millions de mètres cube de sable dans la mer, à 10 kilomètres de là. Des turbines énormes l'ont jeté sur la côte pour palier l'érosion et pour éviter que, tous les 3 ans, des bâteaux devraient y dredger et ainsi perturber constamment la faune et la flore du littoral. Ainsi, des milliers d'objets archéologiques provenant du Doggerland se trouvent parmi ces plages artificiellement renforcées: des coquillages fossilisés, mais également des ossements du Pléistocène tardif (-126000 à -11800 ans) et des objets travaillés par les habitants de la toendra de cette vallée pendant le Weichselien, envahie par la Mer depuis 8000 ans.

Ce wekend, avons cherché sur les plages artificielles de Zandmotor (Monster Beach) et Maasvlakte 2 (Eurokanaal), jusqu'à l'arrivée d'un orage qui a forçé le départ de tous...




Entre le galet tailllé en chopper archaïque (gauche) et le silex retouché sur tout son pourtour (droite), il y a eu certes quelques centaines de millénaires, mais ils sont venus nous rencontrer à 10 minutes d'intervalle... (Maasvlakte 2)



Souvent, le mouvement de la mer a polie certains silex jusqu'à effacer les traces d'action humaine. 
D'autres ont gardé toute leur splendeur...


Souvent la mer apporte des fragments d'os fossilisés:

Et il reste les objets enigmatiques. Que faisait-on de cette lame en hématite?