mercredi 30 mars 2016

Nettoyage des Gorges


Gournier, aujourd'hui - On était deux Nature-Témoin (Guido De Keyzer et Erik Van den Broeck) à participer au nettoyage des Gorges de l'Ardèche, parmi une trentaine d'autres volontaires des camping, loueurs et moniteurs de canoë et le personnel du syndicat des Gorges.

Cette année, nous avons choisi le trajet Rive-Droite entre Gaud et Gournier, ce qui veut dire que nous avons nettoyé quasi-uniquement sur la commune de Labastide-de-Virac et la berge sous la propriété de la commune d'Issirac: pas mal pour une association de... Labastide et Issirac !

C'était une journée très conviviale autour de dizaines de sac poubelle, plein de... poubelles, pneus, morceaux de bateau, lunettes, flacons, bouteilles, bikinis, strings, t-shirts, casquettes et encore plus d'objets irréconnaissables.

Au total, nous avons enlevé quelques tonnes de déchèts sous un soleil souvent voilé. A l'année prochaine !!

lundi 14 mars 2016

Regard sur l'avenir...

(version 2)
La  relance de l’association Nature-Témoin assurée par son président durant ses 6 dernières années, a vu ses activités s’intensifier. Depuis 2010, le nombre de membres actifs se stabilise autours d’une quinzaine d’ adhérents. La priorité de nos actions est mise, dans l’ordre, sur la spéléologie de prospection, la découverte et l’exploration de nouvelles galeries souterraines ainsi que  leur études karstologiques et archéologiques, la documentation et la cartographie, la sensibilisation auprès du public et de publication pour informer la communauté spéléologique.

A partir de 2012, en étroite collaboration avec les spéléologues d’Orgnac-L’aven, de grandes découvertes viennent récompenser leurs efforts : un réseau de plus de 3 kilomètres de long, plusieurs grottes à cristaux et la découverte d’un regard sur l’actif de l’aquifère sous le plateau entre la Cèze et l’Ardèche.

Nos spéléologues ont vu l’intérêt de coopérer et de mutualiser les efforts. L’équipe d'explorations souterraines formée pendant ces dernières années se solidarisait par la création du collectif G.A.S.O.I.L. et s’officialisait en 2016,  sous la forme d’une association afin d’avoir une existence légale au travers de leurs activités et découvertes.

Les réalisations de 4 campagnes d’exploration dans les réseaux non-aménagés de l’Aven d’Orgnac-Issirac, 2 campagnes de traçage souterrain dans l’aquifère se situant sous l’interfluve Cèze-Ardèche et une campagne de recherches d’affluents inconnus au niveau des rivières, coûtent énormément de temps et d’investissements personnels tant pour nos adhérents que pour nos partenaires. La totalité d’heures consacrées par les spéléologues équivaudrait une embauche à plein temps durant ces périodes. 

Dans ce cadre resté 100% associatif, toutes ces activités se sont produites bénévolement.

Certains spéléologues ont choisi de limiter leurs activités professionnelles au bénéfice de la pratique de la spéléologie, de la recherche scientifique, de l’étude du karst et de l’archéologie, la recherche, la documentation et la publication, afin de partager ce patrimoine souterrain avec la communauté, sans autre récompense qu’une  gloire éternelle.

Pour subventionner la spéléologie, les circonstances et les exigences demandées deviennent toujours plus difficiles et contraignantes. Le spéléologue ne pratique pas de compétition, et certainement pas le haut niveau compétitif.

La spéléologie ne sera jamais une discipline olympique, c'est pourquoi notre activité est de moins en moins subventionnée par les instances du comité olympique qui collaborent avec les départements, les régions et l’état français dans le Cadre National pour le Développement du Sport pour négocier les subventions.

Les sponsors sont quasiment exclus, car nos activités se passent dans l’obscurité totale. On ne nous collera donc jamais de la publicité sur le dos.

Sur le plan départemental et national, la partie environnementale est très peu subventionnée, bien que les spéléologues figurent souvent à la base d’actions de conservation, de sensibilisation et de dépollution.

La partie scientifique n’est généralement prise en charge que très peu. En général, es budgets de recherche sont attribués aux instances officielles, universités et laboratoires. Seuls les étudiants ou les personnels qui pratiquent la spéléologie pour des recherches sur le karst ou l’archéologie peuvent être rémunérés.

Selon une étude récente, la valorisation des recherches souterraines s’arrête au niveau de la masse salariale des grandes structures. Mais peu de spéléologues arrivent à croquer dans cette partie du gâteau.

L’an dernier, des 7,7 milliards d’euros investis par l’état spécifiquement pour la recherche scientifique, moins de 20% ont étédédiés au financement des recherches proprement dites.

L’âge moyen des adhérents de notre association dépasse les 50 ans. Il est difficile actuellement de trouver des jeunes motivés qui restent sur la région. Notre population des spéléologues vieillit inexorablement.

La Fédération Française de Spéléologie se rend compte du malaise depuis dix ans suite aux enquêtes et autres comptes-rendus des clubs et des structures délocalisés, mais a décidé de ne pas attribuer des facilités à la baisse du coût de la licence liée à  l’âge.

Privée de beaucoup de ses anciens alors qu’elle n’arrive pas à attirer assez de jeunes, son nombre de fédérés est voué à descendre en deçà d’un seuil minimum qui sera en dessous du plafond de subventionnement

A long terme, le risque de difficultés financières apparait si elle n’obtient pas d’autres ressources pour son fonctionnement. Et ceci, non seulement pour la fédération, mais aussi pour ses structures affiliées comme des petits clubs ou des CDS…

La crise a fait partir pas mal de membres actifs, dont beaucoup d’anciens. D’autres ne comprennent plus l’intérêt d’être fédéré et pratiquent la spéléologie en toute liberté et souvent mal ou pas couvert par une assurance adéquate.

Notre association perd des adhérents qui ne se fédèrent qu’une seule fois et partent pour pratiquer moins cher ailleurs.

Le constat de voir cette évolution se généralise parmi les associations spéléologiques. Il montre un avenir plutôt sombre pour le devenir de la spéléologie si rien n’est fait pour valoriser le bénévolat ou pour générer des ressources alternatives au subventionnement sportif.

Des grands projets à but scientifique, à travers des bureaux d’études, sont en train de s’instaurer, mais qu’elle sera la part du gâteau budgétaire réservé aux spéléologues ?

A la fédération, aux comités départementaux et aux associations spéléologiques de faire le bon choix…

Ce message a pour but de montrer notre vigilance et nos savoirs faire en la matière. Nos compétences ne doivent pas s’acquérir au rabais mais être valorisées et monnayées à leurs justes valeurs.

Il est temps pour faire le bilan et de comparer les activités d’aujourd’hui avec le but historique qu’a pour mission l’association Nature-Témoin depuis 25 ans : (les parties soulignées correspondent aux activités de l’association jusqu’en 2015)

Favoriser la conscience écologique, la connaissance et le respect de la nature, mettre en valeur et de partager des connaissances culturelles en harmonie avec la nature, à l’occasion d’activités diverses, entr’autres :
-          excursions et randonnées ;
-          conférences ;
-          projections de films ;
-          réalisations de reportages vidéo ;
-          diffusion d’informations d’intérêt général ;
-          initiations à la spéléologie ;
-    prospection, exploration et travaux de désobstruction en vue de la découverte de réseaux souterrains et de vestiges archéologiques ;
-          accueil et assistance spéléologiques et touristiques.

L’association a évolué vers des activités qui se sont graduellement rajoutées mais cadrant toujours dans la mise en valeur et le partage des connaissances, la conscience écologique et le respect de la nature :
-          la spéléologie de prospection, de découverte et d’exploration de nouvelles galeries souterraines
o         leur étude géomorphologique, hydrogéologique et archéologique
o         leur documentation, cartographie, publication
o         la sensibilisation et le partage avec la communauté du patrimoine souterrain.

Depuis ces 25 années, Nature-Témoin a toujours poursuivi ses objectifs et il n’y a pas de raison d’avoir moins d’adhérents intéressés à continuer de poursuivre ces futurs objectifs:

 Nous continuerons toujours à favoriser la conscience écologique, la connaissance et le respect de la nature :
-          Nous nous mobiliserons toujours contre le gaz de schiste, pour la lutte contre l’ambroisie et la pollution de la nature ;
-          Nous ferons toujours des excursions et des randonnées, nous réaliserons toujours des reportages, des articles et des vidéos ;
-          Nous continuerons à organiser des projections, à donner des conférences, et à diffuser des informations ;
-          Nous perpétuerons la recherche scientifique en relation avec le milieu souterrain à travers nos explorations.
o         prospections, explorations et documentations seront toujours notre base de travail.
o         Nous mettrons en valeur nos connaissances techniques et pratiques pour acquérir, transformer, assembler, utiliser, louer, vendre des instruments et pour générer ainsi des ressources pour que notre association survive  et poursuive ses objectifs ;
o         Nous valoriserons le fruit de nos recherches et diffuserons, publierons et partagerons des informations, des articles, des topographies, afin de faire connaître le milieu souterrain et la nature en général afin de sensibiliser le public sur sa fragilité, en échange d’une valorisation à la hauteur des efforts fournis par les auteurs.

L’association Nature-Témoin a donc toutes les raisons à survivre, en modifiant ses moyens et ses ressources, mais pas son nom, ni son but !

le président,
Erik Van den Broeck.